Quelles sont les raisons de la déconnexion ? Comment les jeunes utilisent-ils Instagram aujourd’hui ? Que pensent les jeunes de TikTok ?
Depuis des années, et c’est toujours le cas, les réseaux sociaux sont le lieu de socialisation des jeunes. Instagram, TikTok et Snapchat ont marqué les amitiés, les relations, les modes et même les identités personnelles. Pourtant, quelque chose change lentement : les générations qui ont grandi au sein de l’écosystème numérique semblent aujourd’hui les plus fatiguées de la connexion permanente.
Il ne s’agit pas d’un adieu total aux réseaux sociaux, mais plutôt d’une forme de rationalisation : moins de temps en ligne, des pauses plus fréquentes, des notifications silencieuses, des profils privés et une volonté croissante de protéger son espace mental.
Génération Z et nouveaux besoins
Nous parlons de jeunes d’une tranche d’âge spécifique : la génération Z composée de garçons et de filles nés entre 1997 et 2012, qui en 2026 ont entre 14 et 29 ans. Nous parlons essentiellement d’adolescents et de jeunes adultes. Je suis la première génération à avoir vécu une adolescence et une croissance personnelle complètement immergée dans les réseaux sociaux, également à cause de la pandémie (Covid-19), qui a obligé les très jeunes à vivre sur les réseaux sociaux pour se connecter.
Immédiatement après vient la Gen Alpha, c’est-à-dire ceux nés à partir de 2013, les enfants et les préadolescents qui grandissent dans un environnement encore plus dominé par les algorithmes, les courtes vidéos et l’intelligence artificielle, avec un impact dont nous parlons tous les jours.
Et c’est justement l’aspect le plus intéressant : les générations les plus exposées au numérique sont aussi celles qui commencent le plus à le remettre en question.
Selon un rapport du Censis, près de 4 Italiens sur 10 ont vécu au moins une fois une forme de « désintoxication des réseaux sociaux », c’est-à-dire une rupture volontaire avec les plateformes numériques. Les raisons les plus fréquentes sont :
- besoin de réduire le stress;
- retrouver sa concentration;
- échapper à la pression constante des médias sociaux.

Fatigue numérique (cause d’abandon)
Les réseaux sociaux ont profondément changé ces dernières années. Nés comme outils de connexion, ils se sont progressivement transformés en environnements hautement performants, où chaque expérience risque de devenir un contenu à montrer. Tout doit être parfait : de la routine beauté des filles aux vacances exotiques ultra-luxueuses. Un lieu dans lequel il ne peut y avoir de personne vraiment satisfaite autre que celui qui agit pour l’écran, éventuellement généreusement rémunéré.
Comment nos adolescents peuvent-ils grandir sainement et paisiblement si on leur montre une Mecque (même un peu frivole) qui les fait courir comme des mules après des tendances toujours changeantes ?
En fait, pour de nombreux jeunes, le problème n’est pas seulement le temps passé en ligne, mais aussi la pression psychologique qui en résulte, ainsi que la nécessité d’être toujours présent dans l’éther ! Les experts parlent de plus en plus de fatigue numérique : un sentiment de surcharge mentale, provoqué par l’hyperconnexion et le flux continu de notifications, d’informations et de comparaisons sociales.
Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique Acta Psychologica a mis en évidence comment la surcharge d’information et l’utilisation excessive des réseaux sociaux entraînent : une fatigue mentale, des difficultés de concentration et un stress émotionnel chez les jeunes.
L’anxiété sociale, l’insomnie, la perte d’attention, la dépendance aux notifications et la comparaison continue avec des vies perçues comme parfaites sont les conséquences de cette connexion continue qui commence à un âge de plus en plus précoce.
Le problème est bien sûr mondial, mais même dans notre petite Italie, le sujet prend des dimensions de plus en plus pertinentes. Selon l’Istituto Superiore di Sanità, environ 100 000 adolescents italiens âgés de 15 à 18 ans courent un risque de dépendance aux médias sociaux et d’anxiété sociale grave ou très grave, et enfin, ils sont plus susceptibles d’avoir un caractère très impulsif.

Connexion : ce que les gars veulent vraiment
Même les adolescents sont désormais conscients de ce que signifie passer la plupart de leurs journées sur les réseaux sociaux. Les plus grands sont également conscients du fait que tout ce qui fait bouger les réseaux sociaux est du marketing, bien caché entre un nouveau ballet et la bouteille d’eau qui promet de nous hydrater davantage. Les jeunes commencent à percevoir de plus en plus clairement une déconnexion entre la vie en ligne et la vie hors ligne. La vérité est que la seule solution pour éviter de tomber dans le trou noir des mille tendances qui asservissent les utilisateurs est de commencer à se déconnecter, en créant des îlots dans lesquels Internet n’entre pas. Et c’est ce que nos garçons et nos filles essaient de faire.
La transformation de la relation entre les jeunes et les réseaux sociaux était l’un des sujets également abordés lors du K-Marketing Forum, un événement dédié aux nouvelles générations organisé par Ipsos Doxa et MLD Entertainment. Le tableau qui semble se dessiner est que les nouvelles générations ne recherchent plus seulement un divertissement rapide, mais des expériences plus authentiques et durables.

Le hors-ligne auquel aspirent les très jeunes
Le désir de déconnexion crée également de nouvelles formes de véritable socialité. Des phénomènes qui, très lentement, s’étendent et se consolident. Voici quelques exemples.
À New York, les Silent Reading Clubs sont de plus en plus populaires : des réunions collectives au cours desquelles les gens se retrouvent pour lire ensemble, laissant leur téléphone de côté. La Bibliothèque publique de New York a également organisé des événements dédiés à ce format très apprécié notamment des plus jeunes.
Dans le même temps, se développent des communautés telles que Reading Rhythms, des événements sociaux où les gens se rencontrent pour lire, parler de livres, de musique et apprendre à se connaître sans l’intermédiation continue des réseaux sociaux.
En Europe cependant, se répand le Offline Club, un mouvement né aux Pays-Bas, qui organise des réunions au cours desquelles les smartphones sont laissés à l’entrée pour favoriser les conversations, la lecture et les moments partagés sans notifications. Il suffit de le rechercher en ligne pour vérifier dans quelles villes et à quelles dates ce même filet peut être abandonné à l’entrée !
Ces initiatives illustrent un profond changement culturel : après des années où une connexion continue semblait indispensable, pour de nombreux jeunes, le véritable luxe contemporain devient la possibilité de protéger son attention.