Comment apprendre aux enfants à dessiner : conseils et erreurs courantes

Quelles sont les meilleures méthodes pédagogiques ? Comment encourager la créativité chez les enfants ? Quelles erreurs éviter lorsqu’on enseigne le dessin ?

Chaque enfant naît avec une inclination naturelle, cela peut être le dessin, un certain type d’activité sportive, ou la fameuse oreille musicale, etc. Mais si tout le monde n’a pas les moyens de faire du sport ou de jouer d’un instrument (c’est vraiment dommage, mais malheureusement on sait que les familles italiennes ne s’en sortent pas très bien !), tout le monde peut dessiner. Dessiner (au-delà des performances) est une chose naturelle : avant d’apprendre à écrire, nous griffonnons, traçons des lignes, expérimentons les formes et les couleurs pour décrire le monde qui nous entoure.

Pour nous, adultes, ces signes peuvent sembler aléatoires, mais en réalité ils représentent l’un des premiers langages à travers lesquels les plus petits communiquent des émotions, des pensées et des découvertes.

C’est pourquoi inviter les enfants à dessiner ne signifie pas vouloir les transformer en petits artistes ni attendre d’eux qu’ils reproduisent fidèlement ce qu’ils voient. L’objectif est plutôt de les accompagner dans le développement de la créativité, de la coordination et de la confiance en soi, en respectant les temps et les caractéristiques de chacun.

De nombreux psychologues soutiennent que le dessin favorise de nombreuses compétences : il améliore la motricité fine, stimule l’attention, entraîne la résolution de problèmes et permet aux enfants d’exprimer des émotions qu’ils ne peuvent souvent pas encore exprimer avec des mots.

On sait que, dans certaines circonstances, les enfants sont invités à dessiner, à exprimer des émotions, même très fortes, qu’ils ne peuvent pas verbaliser, et l’interprétation de ces dessins peut être très importante. Le dessin est donc, à toutes fins utiles, un moyen de communiquer avec le monde extérieur.


Pourquoi le dessin est important pour le développement

Le dessin est bien plus qu’un simple passe-temps. Chaque trait sur la feuille contribue au développement cognitif, émotionnel et moteur. Cela peut paraître absurde, mais c’est comme ça : on pense qu’au début les enfants ne savent pas tenir un crayon, ils ne connaissent pas l’effet d’une vigoureuse trace de couleur sur une feuille de papier. Pour eux, il s’agit d’une expérience qui mènera progressivement à de nouvelles découvertes et à l’acquisition de nouvelles compétences.

C’est aussi pour cette raison que le dessin est une activité importante, et non un jeu féminin : combien de fois avons-nous entendu cette expression haineuse : « les petites filles sont plus calmes, elles passent leur temps à dessiner ». Rien n’est plus éloigné de la vérité : le dessin est une activité transversale, quel que soit le temps que l’on passe avec le papier et les couleurs ou les résultats obtenus (si on peut parler de résultats !).

Grâce au dessin, les enfants apprennent à contrôler les mouvements de la main, à affiner la coordination œil-main et à développer progressivement la précision nécessaire à l’écriture future. En même temps, ils entraînent l’observation, la mémoire et la capacité de représenter mentalement des objets.

Il y a ensuite un aspect émotionnel tout aussi important, que nous avons déjà évoqué : le papier devient un espace sûr dans lequel donner forme à ses émotions. Le bonheur, la colère, la peur, l’enthousiasme ou la curiosité s’expriment souvent dans les couleurs choisies et les images créées.

Dessin d'enfants

A partir de quel âge peut-on apprendre le dessin ?

En réalité, il n’y a pas d’âge précis. Déjà vers 12-18 mois, de nombreux enfants commencent à laisser leurs premières traces sur papier, à condition qu’ils disposent d’outils adaptés et qu’ils soient toujours surveillés. Il reste essentiel de créer un espace adapté aux enfants, avec des objets qu’il soit capable de tenir et d’utiliser sans danger. Ciseaux, colle, paillettes seront leur pain quotidien, mais mieux vaut éviter de les avoir à portée de main lors de leurs premiers gribouillis !

Avec la croissance, le design évolue spontanément :

  • entre 2 et 3 ans, le gribouillage prédomine ;
  • entre 3 et 4 ans, des formes simples comme des cercles et des lignes commencent à apparaître ;
  • dès 4-5 ans apparaissent les premiers « petits hommes », maisons, arbres et animaux ;
  • à l’école primaire, les dessins deviennent progressivement plus riches en détails et en proportions.

Ces étapes sont purement indicatives, car les inclinations individuelles, les outils et le temps disponibles, ainsi que les activités instrumentales réalisées à l’école, peuvent déterminer une certaine différence entre un enfant et un autre. Mais savoir qu’en général, avant l’école primaire, il est difficile d’avoir un petit Klimt entre les mains, permet d’éviter des attentes irréalistes !

Dessin d'enfants

Comment apprendre aux enfants à dessiner

Parfois, il arrive que des enfants dessinent « mal » ou pas du tout. Face à ces deux scénarios, on se fixe parfois pour objectif de leur apprendre à dessiner. Mais que pouvons-nous faire ?

Comme nous l’avons mentionné, les dessins de nos enfants ne doivent pas être jugés, car chacun traverse les étapes avec une progressivité personnelle. Il n’existe pas de « mauvais design ». Certes, si notre fils/fille passe de nombreuses heures devant la télé puis dix minutes à dessiner, sa petite maison par exemple ne connaîtra probablement pas d’évolutions significatives.

L’erreur la plus courante est donc de penser qu’apprendre aux enfants à dessiner signifie les corriger. Des phrases comme « l’arbre n’est pas fait comme ça » ou « le soleil doit être haut » risquent de limiter la spontanéité et de faire percevoir le dessin comme une tâche à réaliser correctement.

Il est bien plus efficace d’observer, de poser des questions et d’encourager l’enfant à raconter ce qu’il représente. Comme on le dit souvent, il est important d’observer et de demander.

Vous pouvez demander par exemple :

  • « Pouvez-vous me dire votre dessin? »
  • « Qui sont ces personnages ?
  • « Comment cette idée vous est-elle venue ?

De cette manière, l’enfant se sent écouté et valorisé, sans craindre de se tromper. Si toutefois on parle d’un enfant qui dessine peu ou rien, il faut se demander si on lui laisse le temps de s’asseoir devant une feuille de papier vierge. Si le calendrier hebdomadaire des jeunes enfants est marqué par des activités excessives (même importantes), il y a probablement un manque de temps pour dessiner, l’idée spontanée de vouloir créer quelque chose avec du papier et des crayons, pas l’envie.

Lui apprendre à dessiner, c’est lui donner du temps, faire preuve d’attention à son dessin (mais sans jugement), mais aussi lui fournir les bons outils, en fonction de son âge, à travers un espace bien organisé avec de la papeterie.

Grandes feuilles de papier, crayons de couleur, feutres lavables, cires et craies, différentes surfaces, cartes de couleurs, feuilles recyclées, tableaux effaçables à sec ou grands rouleaux de papier permettent aux enfants d’expérimenter librement. L’important est de créer un espace où ils peuvent dessiner sans craindre de faire des dégâts ou de se faire gronder.

Dessin d'enfants

Vaut-il mieux copier ou laisser libre cours à son imagination ?

Qu’il s’agisse des petits ou des plus grands, la question que l’on peut se poser est de savoir s’il faut les inviter à l’imaginaire ou s’inspirer de ce qu’ils ont déjà vu dessiné. Les deux expériences peuvent être utiles, à condition qu’elles soient proposées de la bonne manière.

Le dessin libre développe l’imagination, la créativité et la capacité narrative. En revanche, copier une figure aide à entraîner l’observation et la coordination.

L’équilibre est d’alterner entre les deux approches sans faire de la copie un exercice rigide. Un enfant peut observer une feuille, un animal ou une fleur et la réinterpréter avec son propre style, sans avoir besoin d’en créer une reproduction parfaite.

Comment encourager un enfant en insécurité

De nombreux enfants, surtout après leur entrée à l’école primaire, commencent à comparer leurs propres dessins avec ceux de leurs camarades de classe et peuvent dire qu’ils ne sont « pas bons » ou « incapables ».

Dans ces cas-là, il est important d’éviter les jugements basés sur le résultat final. Il ne s’agit pas de mentir et de dire qu’ils sont les meilleurs mais d’encourager, de valoriser l’engagement ou le choix des couleurs, ou le type de design, etc.

Si vous consacrez du temps au dessin, sans stresser l’enfant pour le résultat, tout le monde pourra constater des améliorations. Alors, comme pour tout, il y aura un enfant plus doué qu’un autre et cela ne doit pas être une forme de comparaison.

Les erreurs à éviter

Enfin, nous nous concentrons sur cette série de comportements que nous, parents, grands-mères et grands-pères, même motivés par les meilleures intentions, mettons en œuvre et qui peuvent entraver la créativité.

5 erreurs fréquentes :

  • corriger continuellement l’enfant;
  • attendez-vous à ce qu’il colorie « à l’intérieur des frontières » ;
  • proposer presque exclusivement des coloriages ;
  • comparer ses dessins avec ceux de ses frères et sœurs ou de ses amis ;
  • remplacer l’enfant en complétant son travail.

Le risque est que le dessin perde sa fonction expressive et devienne une activité tournée uniquement vers le résultat. Et puis, à vrai dire, on pourrait se demander combien d’entre nous ont honnêtement fait de grands progrès devant cette fameuse petite maison !