Anxiété scolaire : comment se portent réellement les enfants et comment nous pouvons les aider

Qu’est-ce que GoStudent ? Quelles sont les causes du stress scolaire ? Comment aider les enfants anxieux ?

Les devoirs, les examens, la peur de se tromper et la pression des réseaux sociaux : l’école est à la fois un lieu fondamental d’épanouissement et une source de stress pour beaucoup de nos enfants.

Ce ne sont pas les impressions de quelques-uns, mais l’observation de beaucoup, comme le montre une récente enquête réalisée par GoStudent, l’un des principaux fournisseurs de tutorat et de plateformes éducatives au monde, avec des centres dans toute l’Europe, pour plus de 10 millions de familles chaque mois. L’enquête, menée auprès d’un échantillon de 1.500 parents d’enfants âgés de 8 à 16 ans dans cinq pays européens (dont l’Italie), illustre un mal-être de plus en plus répandu. En Italie, quatre parents sur dix déclarent que leur enfant se sent stressé « toujours » ou « souvent » à cause des devoirs et des examens.

Les signes d’anxiété les plus fréquents sont :

  • irritabilité (41 %) ;
  • fatigue (33%) ;
  • mal de tête (26 %) ;
  • pleurs ou explosions émotionnelles (25%).

Des chiffres importants qu’il ne faut pas sous-estimer mais surveiller et comprendre, afin d’aider les jeunes à grandir et à étudier sereinement.

D’un autre côté, on sait combien notre génération de parents est souvent accusée de trop protéger leurs enfants, de ne pas les laisser grandir de manière autonome, de leur ouvrir la voie. Pour cette raison, les questions suivantes nous ont semblé normales : comment les parents peuvent-ils distinguer une inquiétude normale d’une anxiété qui mérite attention ? et surtout, quelle est la meilleure manière d’accompagner les enfants sans les surprotéger ? Questions importantes que nous avons posées à une experte, le Dr Elena Bolzoni, pédagogue juridique et éducatrice socio-psycho-pédagogique, qui nous a invité tout d’abord à changer de perspective.


L’anxiété n’est pas un ennemi à combattre

Lorsqu’un enfant manifeste de l’anxiété à l’égard de l’école, le premier réflexe de nombreux parents est d’essayer de l’éliminer le plus rapidement possible, un comportement humain que l’on peut cependant revoir, explique Elena Bolzoni. L’anxiété est une émotion qui doit être écoutée avant d’être résolue.

« L’anxiété scolaire ne doit pas être considérée comme un problème à éliminer, mais plutôt comme quelque chose à comprendre. En fait, toute forme d’anxiété nous dit quelque chose : la peur du jugement, la peur de ne pas être à la hauteur, le besoin de se sentir accepté et accueilli, une pression excessive sur la performance ou un fort sentiment d’inadéquation qui s’accumule lentement jour après jour. »

En d’autres termes, l’anxiété est souvent le symptôme d’un besoin plus profond. L’ignorer ou la minimiser risque d’empêcher les enfants d’apprendre à reconnaître et à gérer leurs émotions.

Les signes que les parents observent le plus souvent

Toujours selon l’enquête GoStudent, les changements émotionnels et physiques sont les premiers signaux d’alarme que remarquent les familles.

Comme nous l’avions prévu, l’irritabilité est le signe le plus fréquent, suivie de la fatigue. De plus, des épisodes de pleurs ou d’explosions émotionnelles, des maux de tête ou d’autres troubles physiques, des difficultés à dormir et même un silence ou un désintérêt progressif pour les activités quotidiennes sont des symptômes d’anxiété scolaire. Bien entendu, ils ne doivent pas être automatiquement interprétés comme l’indication d’un problème grave, mais ils peuvent représenter la manière dont les enfants et les jeunes expriment une lutte qu’ils ne sont pas encore capables de décrire avec des mots.

Minimiser et surprotéger : les risques

Face aux difficultés scolaires, de nombreux adultes oscillent entre deux attitudes opposées : d’un côté, ceux qui ont tendance à minimiser le problème, de l’autre, ceux qui tentent d’éliminer tout obstacle sur le chemin de leurs enfants.

Selon le Dr Bolzoni, les deux réactions pourraient s’avérer inefficaces, voici ce qu’elle nous a dit

« Le risque élevé que je vois aujourd’hui est celui d’osciller entre deux extrêmes. D’un côté, il y a ces parents qui minimisent l’anxiété en disant des phrases comme « Ce n’est rien » ou « Il faut juste travailler dur ».

Le défi ne consiste donc pas à éviter tout effort, mais à accompagner les enfants dans leur apprentissage pour y faire face, pour ainsi les rendre plus responsables.

Anxiété scolaire

Accompagner sans se remplacer

Voir son enfant souffrir est difficile, nous le savons, mais nous savons aussi que cela fait partie de la vie et que c’est précisément dans les petites difficultés quotidiennes que se construisent de précieuses compétences pour l’avenir.

Selon le pédagogue, accueillir l’anxiété ne signifie pas continuellement réduire les attentes ou supprimer les devoirs, mais aider l’enfant à donner un nom aux émotions qu’il ressent.

« Accepter l’anxiété ne signifie pas supprimer la tâche, réduire les attentes ou justifier toute sorte de difficulté. Cela signifie plutôt être capable de donner un nom à ce que ressent votre enfant, l’aider à comprendre ses émotions et lui transmettre le message le plus important de tous : « Je crois que vous avez les ressources pour faire face à cette situation et je serai à vos côtés pendant que vous le faites ».

C’est une différence subtile mais fondamentale : soutenir ne signifie pas remplacer.

Quand les notes deviennent un fardeau

Un autre aspect qui ressort de l’enquête GoStudent concerne le lien étroit entre les résultats scolaires et l’estime de soi.

Selon le rapport, plus d’un parent sur deux s’inquiète de la pression exercée par les médias sociaux et les influenceurs, tandis qu’un parent sur trois craint que les comparaisons continues en ligne n’alimentent l’anxiété et l’insécurité. De plus, plus d’un parent sur trois estime que la technologie et les médias sociaux ont un impact négatif sur le bien-être émotionnel de leurs enfants. Jusqu’à 80 % se déclarent préoccupés par le risque de cyberintimidation ou d’expériences négatives sur le Web.

Dans ce contexte, la performance, qui se traduit par des notes à l’école, risque de devenir bien plus qu’une simple évaluation.

Bolzoni invite en effet les familles à réfléchir sur la façon dont elles parlent des résultats scolaires.

« Lorsque la valeur de notre enfant est liée exclusivement aux notes, aux résultats et à la performance, il est naturel que l’école devienne un lieu de forte pression et de stress. Si nous répétons chaque jour à nos enfants que la note décrit simplement une performance et non la valeur de la personne et que les erreurs sont une partie indispensable de l’apprentissage, alors l’anxiété sera également réduite. »

Anxiété scolaire

L’école est aussi une salle de sport émotionnelle

Quand on pense à l’école, on imagine souvent un lieu où l’on apprend des concepts. Mais, en réalité, cela représente aussi l’un des premiers contextes dans lesquels les enfants et les adolescents vivent des émotions complexes.

« L’école n’est pas seulement le lieu où l’on apprend la grammaire, l’italien ou les mathématiques. C’est l’un des premiers contextes dans lesquels les enfants font l’expérience des erreurs, de la frustration, de l’attente, de la comparaison avec les autres et de la résilience. »

Si toutes les difficultés sont éliminées par les adultes, prévient le pédagogue, les enfants risquent de ne pas développer les compétences émotionnelles dont ils auront besoin dans la vie d’adulte.

Anxiété scolaire

Nous les parents et l’exemple

Les enfants observent beaucoup plus qu’ils n’écoutent, c’est pourquoi la manière dont nous, les adultes, gérons les erreurs, les événements inattendus et les frustrations devient un modèle.

« Je crois que les enfants d’aujourd’hui ont de moins en moins besoin de parents qui résolvent leurs problèmes. Au lieu de cela, ils ont désespérément besoin d’adultes émotionnellement capables de transmettre confiance et stabilité. Les enfants apprennent avant tout en observant ce que font les adultes. S’ils voient un adulte qui fait face aux événements inattendus avec flexibilité et qui ne vit pas chaque erreur comme un échec, parvenant à tolérer la frustration, ils seront plus susceptibles de développer la même capacité. »

Anxiété scolaire

Comment aider concrètement un enfant anxieux

Il n’existe pas de solution universelle, mais certaines attitudes peuvent faire la différence. Écouter sans juger, éviter les comparaisons avec les frères et sœurs ou les camarades de classe, valoriser l’engagement plus que les résultats et aider les enfants à organiser leurs études sont des stratégies qui favorisent une relation plus apaisée avec l’école.

Créer des moments de pause, garantir un sommeil adéquat et limiter l’utilisation excessive des écrans peuvent également contribuer à réduire les niveaux de stress, surtout si l’on considère à quel point le monde numérique affecte le bien-être émotionnel des adolescents d’aujourd’hui, comme le souligne également l’enquête GoStudent.

Le but n’est pas d’éliminer l’anxiété

Le message le plus important est peut-être précisément celui-ci : l’anxiété ne peut pas être effacée de la vie des enfants, et il ne serait pas non plus utile de le faire.

Comme le conclut Elena Bolzoni, la question que tout parent devrait se poser n’est pas « Comment puis-je empêcher mon enfant de ressentir de l’anxiété ? », mais plutôt « Comment puis-je l’aider à découvrir qu’il est capable d’y faire face ?

« Le but de l’éducation n’est pas d’élever des enfants qui ne tombent jamais, mais qui apprennent à se relever parce qu’ils savent qu’ils ont à leurs côtés un adulte qui les soutient sans prendre leur place. La véritable protection ne consiste pas à éliminer les obstacles du chemin des enfants, mais à les faire grandir dans la conviction qu’ils peuvent y faire face. C’est seulement de l’équilibre entre le soutien et la responsabilité que naît et se développe l’autonomie de nos enfants. »

Dans un moment historique où l’école, les relations sociales et le monde numérique mettent quotidiennement à l’épreuve le bien-être émotionnel des jeunes, la tâche la plus importante des adultes n’est peut-être pas de construire un chemin sans obstacles, mais d’offrir à leurs enfants les outils pour le parcourir en toute confiance.